La prise en charge thérapeutique spécifique

Nous basons notre prise en charge sur l'utilisation simultannée de différentes psychothérapie.

Psychothérapie de groupe

La psychothérapie est un ensemble de procédures, basées sur un cadre théorique, utilisée par un psychothérapeute dans le but de modifier le comportement d’un individu qui souffre, d’influencer son appareil psychique et son système relationnel. Habituellement, la psychothérapie s’exerce dans un lieu précis, dans un temps déterminé avec un patient et un psychothérapeute attitré. Dans le cas de notre institution, bien que les principes restent les mêmes, la mise en application peut différer dans un premier temps. Les comportements-problèmes les plus dérangeants (auto et hétéro-agressivité, manipulation, hyperactivité...) ne permettent pas la mise en application des modalités classiques de la psychothérapie. C’est pourquoi, dans notre Collège, nous avons choisi d’utiliser des techniques de psychothérapie de groupe dans le quotidien afin de permettre à l’enfant d’accéder à la psychothérapie individuelle. Le travail de psychothérapeute est de donner un sens à ce qui paraît ne pas en avoir, signifier l’insignifiant, construire des liens et d’accéder ainsi à la logique de l’enfant, d’atteindre des niveaux de complexité différents et dans des systèmes de plus en plus larges.

Psychothérapie individuelle

Entretien avec l'enfant seul reposant sur une méthode spécifique relevant d'une forme de psychothérapie (analytique, psychodynamique, cognitivo-comportementale, systémique, …) et pratiquée par les psychothérapeutes membres de l'équipe ayant suivi une formation à cette méthode spécifique. Les psychothérapies individuelles sont pratiquées dans un cadre proposant une durée et une fréquence permettant le déploiement d'un processus évolutif spécifique. Les psychothérapeutes utilisent, surtout pour les plus jeunes, des objets intermédiaires tels que poupées, Play- Mobil, dînettes, marionnettes, dessins… afin d'établir la relation élève-psychothérapeute. Elles ont pour buts:

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Travail avec les familles biologiques

Notre intérêt ne se focalise pas seulement sur les entretiens familiaux mais aussi sur tous les autres contextes où se passent des rencontres avec les parents et les proches; en effet, une évolution favorable du résident est en corrélation avec l'harmonie des relations entre la famille et l'Institution car ainsi, l’enfant ne se sent pas coincé dans un conflit de loyauté entre sa famille et le Collège. Lors de ces rencontres, nous voulons mettre en exergue la potentialité de la famille et veiller à la responsabilisation des rôles de parents dans tout ce que cela demande d'investissement affectif et éducatif. Pour nous, nier l'influence des parents (même absents) serait une grave erreur car nous connaissons l'importance de la loyauté et de la fidélité des enfants à l'idée que leur géniteurs ou tuteurs ont rêvée pour eux. C'est grâce à cette collaboration entre famille et institution que nous pourrons éviter que le projet thérapeutique ne piétine.nous aide à mieux comprendre le comportement du résident et la valeur de son symptôme. Ceci permet de donner un sens à ce qui sera à la base de l'élaboration du projet thérapeutique individuel. Les informations importantes lors de différentes rencontres sont reprises dans un cahier de notes qui sont discutées lors de réunions de synthèse afin d'identifier les problèmes de redondances. Tout ce matériel est repris au cours des échanges avec la famille. L'approche systémique nous apporte une aide appréciable car elle nous permet, non seulement de travailler la complexité relationnelle en circularisant l'information mais surtout de retrouver la compétence et la potentialité des familles. « Et si l'information circule, les changements deviennent possibles ». Nous sommes attentifs à plusieurs points : cela peut aller du comportement de l'enfant durant le week-end à un événement familial important. Ces échanges entre la famille et l'Institution sont importants dans la mesure où il faut soutenir le jeune élève qui revient souvent chargés d'émotions des retours ou visites. Comme chaque résident a son projet thérapeutique individuel, chaque famille s'inscrit dans un programme qui lui est propre et, avec elle, nous élaborons les perspectives d'avenir de leur enfant. Pour certaines familles, il s'agira d'une tentative de réinsertion progressive; pour d'autres, le projet se concrétisera par l'autonomie de vie du jeune adulte. Comme les retours en week-ends et en vacances scolaires sont différents pour chacun, le rythme des échanges familiaux est également différent pour chaque famille. Travaillant avec la compétence des familles, nous devons aussi travailler avec leurs résistances. Certains parents souhaitent des entretiens et donc acceptent les rencontres alors que pour d'autres, c'est nous qui suggérons le rythme, voire faisons avec leur absence.

 

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Travail avec les familles d’accueil et adoptives

Sous ce titre, nous regroupons tout le travail qu'il nous faudra faire avec la famille et l'enfant pour apprendre une nouvelle lecture des besoins et des attentes de chacun, déterminer un nouveau mode relationnel opératoire, définir les objectifs à atteindre dans le temps. Pour arriver à concrétiser ces objectifs, il est indispensable d'avoir une étroite collaboration entre la famille et le Collège. Pour y arriver, des rencontres régulières sont programmées. Dans le cadre des troubles de l’attachement, la famille est le premier lieu d’opposition et d’expression des troubles de l’enfant.Les familles d’accueil agissent dans une fonction thérapeutique. Le problème étant qu’elles sont souvent encore moins bien préparées que les institutions classiques. Nous devons les aider à prendre la distance affective nécessaire et renoncer à la poursuite de la prise en charge si cette distance leur est insupportable. Les familles adoptantes sont les plus touchées par les troubles de ces enfants. L’adoption est un acte posé pour retirer l’enfant en souffrance à un milieu de vie traumatisant, pour lui offrir de meilleures chances dans sa construction. Cette démarche implique une grande dose d’empathie, de courage pour la durée des procédures, d’humilité souvent pour le parcours exigé des enfants qui refusent d’adopter cette famille. La confrontation ensuite avec l’enfant, qui prend ce que l’on lui donne et même souvent l’exige, avec pour seul retour non pas seulement un refus de l’affection mais une agressivité psychique et physique extrême, représente une épreuve parmi les plus douloureuses. Le fait de passer le relais à des professionnels dans un cadre résidentiel est vécu, par la famille, comme auteur d’un deuxième abandon pour l’enfant et leur donne un sentiment de culpabilité devant leur échec. Le travail avec les familles adoptantes nécessite beaucoup de présence et de soutien pour les aider à modifier leur fonction. D’une fonction parentale à une fonction de parrainage. Pour arriver à concrétiser ces objectifs, il est indispensable d'avoir une étroite collaboration entre la famille et le Collège. Pour y arriver, des rencontres régulières sont proposées. Le travail avec les familles en général et les autres professionnels qui gravitent autour de l’enfant est pris en charge par la direction et les thérapeutes systémiciens. Nous jugeons utile de ne pas confronter l’équipe de soin avec les familles et les intervenants extérieurs pour éviter ainsi toutes relations de compétition trop souvent conflictuelles et dont les enfants sont les premiers acteurs et aussi les premières victimes.